dimanche 20 janvier 2013

Hollande, la descente aux enfers est en marche




Très récemment, plusieurs médias français ont communiqué les résultats des cotes de popularité des politiques les plus en vue en France, la descente aux enfers de François Hollande commencée à peine quelques semaines après son élection présidentielle se poursuit inlassablement, elle atteint désormais la base la plus étroite de ses partisans.



La déconfiture présidentielle après les succès éphémères de l’élection présidentielle et des législatives de mai et juin 2012 ne fait que se poursuivre inexorablement. François Hollande s’enfonce dans l’impopularité. Alors que le Président de la République récoltait plus de 51 % des voix, le voici réduit à un baromètre fixé à 35 % de confiance. Il n’aura fallu que quelques mois pour atteindre le fond. Au mois de décembre l’embolie semblait avoir été enrayée probablement suite à « l’effet » des fêtes de fin d’année, mais dès après les vœux présidentiels controversés du Nouvel an, la marche en arrière s’est donc poursuivie. 



Cette impopularité touche également l’ensemble du gouvernement, et les Français sont de plus en plus nombreux à juger les performances négatives du gouvernement, atteignant 62 %. Son controversé Premier ministre ne peut faire mieux, les affaires se succédant, Jean-Marc Ayrault tombe également dans l’abîme, affichant 33 % d’opinions positives. Ce recul s’explique en particulier par la gestion catastrophique de la crise de l’affaire Depardieu et des rodomontades de certains ministres en vue, mais aussi par le bras de fer et la censure infligée au gouvernement par le Conseil constitutionnel de la République à propos de la taxe des 75 %. 

Cela étant dit, il est également évident que la crise et l’augmentation spectaculaire du chômage et de la fracture sociale ne font qu’aggraver la situation sans compter l’enlisement dans la crise et l’incapacité à pouvoir initier des réformes en profondeur. Ayant suscité avant son élection un énorme espoir sur des propositions irréalistes et intenables, également par l’absence remarquée de programmes de réformes, le gouvernement est aussi lâché par les franges alliées des électorats du Front de Gauche mais aussi des écologistes. Ils sont de plus en plus nombreux à émettre des critiques, parfois encore plus tranchantes que celles venues de la droite. L’érosion est même ressentie dans le Parti socialiste en personne, 76 % électeurs socialistes seulement lui donneraient encore leur soutien.
Désormais s’il devait encore descendre quelques marches, François Hollande deviendrait le Président Français le plus impopulaire de l’histoire de la Vème République, très loin devant ses concurrents. S’il perdait du terrain, cela serait aussi le fait d’un dévissage dans le cœur même des sensibilités de gauche, un désaveu qui ne pourrait être que fatal à François Hollande. La popularité de l’exécutif étant à ce niveau, il ne faudrait pas que quelques nouvelles affaires du type Depardieu viennent s’installer dans le paysage médiatique, car nous passerions alors à une situation bien étrange, celle d’un président en poste en total décalage avec la population.



Nous pourrions dès lors assister à une situation inédite, d’un président ayant les rênes quasiment dans les trois pouvoirs et l’essentiel des institutions, mais largement désavoué dans toutes les classes de la société et dans tous ses milieux. Il y a quelques semaines nous assistions déjà aux plaintes de membres du gouvernement de subir les « harcèlements », le « bashing » des médias. Sous la pulsion de l’opinion publique cette tendance pourrait se renforcer jusqu’à devenir une longue campagne anti-gouvernementale enrayant et paralysant toutes les intentions et actions de François Hollande. 

Hollande ne peut ignorer ce risque, il semble qu’il mise sur une relève qui est liée à la situation économique. S’appuyant sur les suppositions de conseillers, il a misé sur un début de fin de la crise et une reprise économique devant amener un recul de l’embolie du marché du travail. En misant tout sur la situation du chômage, il pourrait toutefois se trouver vite débordé par d’autres situations alarmantes qui sont d’ailleurs liées entre elles : le tissu social, les communautarisme, la fraction des Français et leur éclatement partisan alarmant, la montée des extrémismes religieux et politiques, la criminalité et l’insécurité, la désertification morale et sociale de zones entières de la République. 

Timidement, le cabinet de François Hollande annonce que le président viendra de temps en temps battre le pavé de la province, où il passera quelques nuits. Cette étonnante mesure fait plus penser à un candidat éternellement en campagne électorale, qu’à un Président de la République au travail. L’opinion publique pourrait alors le forcer à consacrer beaucoup d’énergie, dont on dit qu’il est souvent dénué, à des opérations de séductions médiatiques qui pourraient bien au contraire tourner au vinaigre comme ce fut le cas de la « balade au marché de Rungis ». A moins de trier les spectateurs et les médias, il est probable que ces « promenades champêtres », n’ajouteront que des lourdeurs dans les caisses de l’Etat et les images affligeantes d’une présidence faisant son « Tour de Gaule »… le jeu de mot pourrait presque faire rire.



La question essentielle est donc de savoir si la crise mondiale, si la crise de la zone euro et les pays en difficultés du Sud de l’Europe laisseront un espoir à François Hollande de lui laisser le temps de bénéficier d’une accalmie. Contrairement au silence médiatique, la crise grecque n’a été repoussée que jusque vers le printemps 2013, et les pansements et placebos distribués çà et là sont loin d’assurer au président français le temps dont il aurait besoin. La conjecture économique et politique conjuguée à une série d’erreurs médiatiques graves ont déjà gommé la première année de présidence, il en reste 4, dont une dernière qui sera forcément l’heure du bilan… et d’une campagne électorale âpre.
En 3 ans, le président aura-t-il le temps d’aménager le changement qui aurait dû « être maintenant » mais qui pourrait s’avérer reporté ad vitam aeternam ?

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire