Très récemment,
plusieurs médias français ont communiqué les résultats des cotes de popularité
des politiques les plus en vue en France, la descente aux enfers de François
Hollande commencée à peine quelques semaines après son élection présidentielle
se poursuit inlassablement, elle atteint désormais la base la plus étroite de
ses partisans.
La déconfiture
présidentielle après les succès éphémères de l’élection présidentielle et des
législatives de mai et juin 2012 ne fait que se poursuivre inexorablement.
François Hollande s’enfonce dans l’impopularité. Alors que le Président de la
République récoltait plus de 51 % des voix, le voici réduit à un baromètre fixé
à 35 % de confiance. Il n’aura fallu que quelques mois pour atteindre le fond.
Au mois de décembre l’embolie semblait avoir été enrayée probablement suite à « l’effet »
des fêtes de fin d’année, mais dès après les vœux présidentiels controversés du
Nouvel an, la marche en arrière s’est donc poursuivie.
Cette impopularité
touche également l’ensemble du gouvernement, et les Français sont de plus en
plus nombreux à juger les performances négatives du gouvernement, atteignant 62
%. Son controversé Premier ministre ne peut faire mieux, les affaires se succédant,
Jean-Marc Ayrault tombe également dans l’abîme, affichant 33 % d’opinions
positives. Ce recul s’explique en particulier par la gestion catastrophique de
la crise de l’affaire Depardieu et des rodomontades de certains ministres en
vue, mais aussi par le bras de fer et la censure infligée au gouvernement par
le Conseil constitutionnel de la République à propos de la taxe des 75 %.
Cela étant dit, il est
également évident que la crise et l’augmentation spectaculaire du chômage et de
la fracture sociale ne font qu’aggraver la situation sans compter l’enlisement
dans la crise et l’incapacité à pouvoir initier des réformes en profondeur.
Ayant suscité avant son élection un énorme espoir sur des propositions
irréalistes et intenables, également par l’absence remarquée de programmes de
réformes, le gouvernement est aussi lâché par les franges alliées des
électorats du Front de Gauche mais aussi des écologistes. Ils sont de plus en
plus nombreux à émettre des critiques, parfois encore plus tranchantes que
celles venues de la droite. L’érosion est même ressentie dans le Parti
socialiste en personne, 76 % électeurs socialistes seulement lui donneraient
encore leur soutien.
Désormais s’il devait
encore descendre quelques marches, François Hollande deviendrait le Président
Français le plus impopulaire de l’histoire de la Vème République, très loin
devant ses concurrents. S’il perdait du terrain, cela serait aussi le fait d’un
dévissage dans le cœur même des sensibilités de gauche, un désaveu qui ne
pourrait être que fatal à François Hollande. La popularité de l’exécutif étant
à ce niveau, il ne faudrait pas que quelques nouvelles affaires du type
Depardieu viennent s’installer dans le paysage médiatique, car nous passerions
alors à une situation bien étrange, celle d’un président en poste en total
décalage avec la population.
Nous pourrions dès lors
assister à une situation inédite, d’un président ayant les rênes quasiment dans
les trois pouvoirs et l’essentiel des institutions, mais largement désavoué
dans toutes les classes de la société et dans tous ses milieux. Il y a quelques
semaines nous assistions déjà aux plaintes de membres du gouvernement de subir
les « harcèlements », le « bashing » des médias. Sous la
pulsion de l’opinion publique cette tendance pourrait se renforcer jusqu’à
devenir une longue campagne anti-gouvernementale enrayant et paralysant toutes
les intentions et actions de François Hollande.
Hollande ne peut
ignorer ce risque, il semble qu’il mise sur une relève qui est liée à la
situation économique. S’appuyant sur les suppositions de conseillers, il a misé
sur un début de fin de la crise et une reprise économique devant amener un
recul de l’embolie du marché du travail. En misant tout sur la situation du
chômage, il pourrait toutefois se trouver vite débordé par d’autres situations
alarmantes qui sont d’ailleurs liées entre elles : le tissu social, les
communautarisme, la fraction des Français et leur éclatement partisan alarmant,
la montée des extrémismes religieux et politiques, la criminalité et l’insécurité,
la désertification morale et sociale de zones entières de la République.
Timidement, le cabinet
de François Hollande annonce que le président viendra de temps en temps battre
le pavé de la province, où il passera quelques nuits. Cette étonnante mesure
fait plus penser à un candidat éternellement en campagne électorale, qu’à un Président
de la République au travail. L’opinion publique pourrait alors le forcer à
consacrer beaucoup d’énergie, dont on dit qu’il est souvent dénué, à des
opérations de séductions médiatiques qui pourraient bien au contraire tourner
au vinaigre comme ce fut le cas de la « balade au marché de Rungis ».
A moins de trier les spectateurs et les médias, il est probable que ces
« promenades champêtres », n’ajouteront que des lourdeurs dans les
caisses de l’Etat et les images affligeantes d’une présidence faisant son
« Tour de Gaule »… le jeu de mot pourrait presque faire rire.
La question essentielle
est donc de savoir si la crise mondiale, si la crise de la zone euro et les pays
en difficultés du Sud de l’Europe laisseront un espoir à François Hollande de
lui laisser le temps de bénéficier d’une accalmie. Contrairement au silence
médiatique, la crise grecque n’a été repoussée que jusque vers le printemps
2013, et les pansements et placebos distribués çà et là sont loin d’assurer au
président français le temps dont il aurait besoin. La conjecture économique et
politique conjuguée à une série d’erreurs médiatiques graves ont déjà gommé la
première année de présidence, il en reste 4, dont une dernière qui sera
forcément l’heure du bilan… et d’une campagne électorale âpre.
En 3 ans, le président
aura-t-il le temps d’aménager le changement qui aurait dû « être
maintenant » mais qui pourrait s’avérer reporté ad vitam aeternam ?




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